Et l'emballage dans tout ça ?

Au début de Super Bon, je déambulais de marchés en events avec mes energy balls emballées dans des sachets alimentaires transparents. Pourtant, dès le départ, mon objectif était de privilégier un emballage écologique. J'ai testé les sachets compostables qui "transpirent", et entraînent l'apparition de moisissures. Ceux en kraft, recyclables, n'existaient pas à ce moment avec une fenêtre suffisamment grande pour mettre en valeur un produit encore méconnu.

Ma première idée, les bocaux, pèsent lourds, tant dans la budget d'une jeune société qu'en terme de transport.

La vente en vrac s'est heureusement vite développée via les magasins-partenaires, et c'est naturellement qu'elle s'est imposée lors de chaque présentation. Depuis, ce sont les raviers compostables qui ont fait leur apparition lorsque vous oubliez vos contenants. Les clients directs de la coopérative des Paysans-Artisans sont également livrés de cette manière.

 

En magasin cependant, il reste indispensable d'attirer la curiosité du client : malgré mon envie de concilier toutes mes valeurs, la réalité de terrain rattrappe les idéaux. Le sachet alimentaire transparent est toujours de rigueur selon la demande, mais je refuse alors de faire des portions de moins de 5 balls. Un produit inconnu qu'on ne voit pas ne fait pas envie, et a peu de chances de se retrouver dans le panier d'achats... Et, malgré toutes mes convictions et mes utopies dans la vie, vendre Super Bon reste quand même un objectif assez important dans mon job ;-)

 

Je reviens pourtant régulièrement sur mon envie de vous présenter mes produits - ceux existants et à venir - dans des bocaux.

J'en ai donc profité pour me pencher de plus près sur tous ces termes de recyclable, biodégradable et compostable pour tenter de faire le meilleur choix.

Verdict : rien n'est tout blanc ou tout noir !

Prenons l'exemple du plastique biosourcé - appelé PLA - tant vanté : il n'est pourtant pas nécessairement biodégradable. Et s'il est biodégradable, il est peut-être fabriqué à partir de pétrole. Il peut être d'origine végétale mais non biodégradable. Ou l'inverse. La plupart des PLA proviennent du maïs, de la pomme de terre, de la canne à sucre. Mais ces cultures n'entrent-elles pas en concurrence avec la production alimentaire ? Est-ce que l'utilisation d'engrais, de pesticides, d'OGM est régulée ?

Il ne faut pas oublier qu'un produit biodégradable n'est pas forcément compostable dans le bac au fond du jardin.

Apparemment, en Belgique, aucun emballage ne peut être présenté comme biodégradable (source : ecoconso), pour éviter de faire croire qu'il peut-être laissé dans la nature sans impact négatif sur celle-ci. Il peut se présenter comme compostable ... s'il l'est vraiment ! C'est-à-dire qu'il doit répondre à une norme européenne très précise (EN-13432), comme les raviers utilisés chez Super Bon. Et la certification entre un produit compostable dans un centre industriel et à la maison est différente. Le papier/carton cellulosique est pourtant tout-à-fait supporté dans le compost familial à condition de respecter certaines règles...

 

Le verre des bocaux dont je parlais en début se recycle à l'infini. Mais est-ce pour autant la bonne idée que d'encourager une production qui elle-même génère une certaine pollution ? Sans parler du coût de transport, puisque lourd, fragile (et donc à .... emballer), volumineux. D'un point de vue sanitaire, il est heureusement parfait. On peut lui trouver de multiples idées de réemploi, mais au bout d'un moment, une partie de la collection finit par se retrouver dans la bulle à verres communale, non ?

Bref, quel que soit l'emballage, l'empreinte écologique liée à sa production, à son traitement, à son transport n'est pas négligeable. Je ne suis pas certaine qu'il existe une solution idéale. Elle se situe probablement au mileu de tout ça, et est individuelle à chacun, suivant les utilisations.

 

La réflexion est constante de mon côté, et le fonctionnement actuel peut être amené à évoluer. Et on est bien d'accord : le meilleur déchet est celui qui n'existe pas ! C'est pour ça que c'est toujours avec plaisir que je remplis vos anciens bocaux de cornichons ou vos tupp' colorés ;-)

 

Je suis donc fière de participer à mon échelle à un réel changement des habitudes de consommation en encourageant le vrac.

Vous répondez positivement à cette manière de faire, et ça, c'est formidable : chaque geste compte, même s'il n'est pas toujours parfait !

images et photos : pixabay

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